Corpus de recherche · base de connaissances · prototype interactif
Qu'est-ce qui rendra un milieu de vie québécois habitable en 2075 ?
Pour qui, où sur le territoire, à quelle échelle de l'habitat — de la pièce au territoire — et quand ? Et qu'est-ce qui change quand on déplace l'une de ces variables ?
Habitat 2075 est un corpus de fiches de recherche sur ce qui rend un milieu de vie habitable pour tout le monde, et sur l'hypothèse d'un Québec redistribué à l'horizon 2075. Chaque fiche est un objet de savoir typé ; leurs métadonnées génèrent un graphe que l'on peut filtrer par public et par territoire. Le site que vous lisez en est la vitrine : les trajectoires jouables, la méthode, la liste des fiches et le graphe.
Pourquoi ce projet
Une conférence
Quarante-cinq minutes au colloque Quartiers inclusifs et empathiques de Société inclusive, le 2 octobre 2026 à Trois-Rivières. Le corpus est bâti délibérément plus grand que la présentation : c'est le principe du carré de sable — construire large, et choisir en direct avec la salle.
Une question, pas un thème
« Qu'est-ce qu'un quartier inclusif » est un rayon de bibliothèque. La question du projet se répond par une liste finie de leviers, chacun qualifié par contexte : pour quel public, à quel échelon du territoire, à quelle échelle de l'habitat, et avec quelle force de preuve.
Une thèse à démontrer par la mécanique
L'inclusion n'est pas universelle : c'est une fonction de qui et d'où. Le graphe ne l'illustre pas, il le démontre : deux publics dans la même ville moyenne peuvent n'avoir aucun levier en commun, et le même levier change de valeur quand on change de territoire.
La question de recherche
Qu'est-ce qui rend un milieu de vie québécois habitable — pour une personne donnée, à un endroit donné du gradient territorial, et à une échelle donnée de l'habitat, de la pièce au territoire ? Et qu'est-ce qui change quand on déplace l'un des trois ?
Trois variables structurent le corpus, et une quatrième s'ajoute pour la narrative :
- QUI — le public, défini non par un diagnostic mais par une situation qui produit un obstacle précis. Vingt identifiants, de l'aîné en perte d'autonomie au ménage inuit du Nunavik.
- OÙ — le gradient territorial, en cinq échelons bornés par la desserte et jamais par la population : rang, village, petite ville, ville moyenne, grand centre.
- ÉCHELLE — à quel niveau le levier agit : pièce, logement, bâtiment, extérieur commun, quartier, territoire. Ajoutée le 5 septembre 2026 parce que plus du tiers des énoncés valaient « partout » : leur variation n'était pas territoriale, et le modèle n'avait nulle part où l'écrire.
- QUAND — 2026, ce qui est ; 2040, ce qui se décide maintenant ; 2075, l'hypothèse. C'est la dimension que les trajectoires mettent en mouvement.
L'hypothèse de fond — notre-interpretation
La population québécoise se décentralise ; les villages et les villes moyennes reprennent de la vitesse, les grands centres en perdent ; la souveraineté manufacturière et agroalimentaire produit des réseaux de villes productives où l'IA est omniprésente sans que le sentiment de communauté s'érode. C'est une hypothèse, pas une prévision. Elle contredit délibérément les projections de l'ISQ ; cela ne la disqualifie pas, mais elle porte partout le statut d'interprétation d'auteur et ne se met jamais en scène comme une donnée mesurée. Les soldes migratoires observés depuis 2020 sont mesurés ; le Québec de 2075 ne l'est pas — et la couture entre les deux est visible dans chaque fiche qui les touche.
Les seize axes
Chaque axe pose une question et se ferme par une synthèse qui nomme au moins une tension. Les axes A1 à A12 ont été ouverts et fermés en deux vagues (3–5 septembre 2026) ; A13 à A16 ont été ajoutés le 14 septembre pour couvrir l'expérience d'habiter — l'intérieur, le soin, l'extérieur, les passages de vie — que les douze premiers avaient laissée de côté.
| Axe | Titre | Question | Fiches |
|---|
Ce que contient le site

Trajectoires
Quatre publics, quatre vols de 2026 à 2075. Chaque public est un papillon : il ne décide pas du temps qu'il fait. Une carte, un clic par année, un tableau de bord qui lit ce qui change.
jouer →Méthodologie
Comment une fiche s'écrit, ce qui compte comme source, les huit statuts de preuve, la force d'un levier, les relations du graphe, et le validateur qui refuse de générer une page fausse.
lire →Fiches
Les fiches du corpus, groupées par axe, par type ou par statut de preuve, avec leur accroche et leur identifiant. La liste que le graphe lit.
parcourir →Graphe
Le carré de sable vu en entier : chaque fiche est un nœud, chaque relation une arête. Filtrer par axe, par type, par public ou par territoire ; cliquer un nœud pour lire ce qui le lie aux autres.
explorer →Ce qui gouverne tout : le statut de preuve
Chaque fiche, chaque énoncé et chaque arête portent un statut de preuve dans leurs métadonnées — pas dans une note de bas de page. Le graphe est généré depuis ces métadonnées : ce qui n'y est pas n'existe pas à l'écran. Huit statuts dans la fiche deviennent quatre niveaux à l'écran, et la règle qui ne se négocie pas est celle-ci :
L'intensité de la mise en scène ne dépasse jamais le niveau de preuve. Une révélation plein écran est réservée à la donnée mesurée. Un signal exploratoire se montre ; il ne se met pas en scène.
Ce qu'on ne sait pas
Un corpus qui ne montre aucune tension n'a pas touché le fond. Voici les trous que le projet déclare plutôt que d'effacer :
- La dystopie est mieux prouvée que l'utopie. Le corpus sait décrire ce qui exclut ; il sait à peine décrire ce qui inclurait. Le scénario le plus lumineux repose sur la fiche la moins étayée.
- Quatre données de base manquent, et chaque fiche de public le déclare : le taux d'effort réel des 75 ans et plus, le nombre de parents sous le seuil de garde de 40 %, le nombre de logements accessibles au Québec (l'OPHQ déclare ne pas le détenir), et la destination des personnes après la fermeture d'une résidence.
- Un tiers des couples public × territoire ne sont pas démontrables — chemin vide ou trop mince. Le vote en salle se fait donc sur un choix restreint de publics, jamais sur les vingt.
- Le Nunavik est hors gradient, par décision. Ce qui le distingue n'est pas un degré de desserte mais l'absence de lien routier — et un gradient ne peut pas exprimer une discontinuité. Les autres publics autochtones sont un trou déclaré, à combler avec des sources.
- Si un papillon est la bonne métaphore pour une salle qui contient des chercheurs. Elle rend le fragile visible ; elle peut aussi infantiliser des publics adultes. À tester avant le 2 octobre.